Vesta/Vesta II : moins de 2 litres aux 100 Concept cars

Le premier prototype Vesta

Le prototype PV9 Vesta II

Selon l'Observatoire de l'énergie, les ressources de pétrole seront épuisées d'ici à 2050. En 1981, fort de ce constat, le gouvernement français investit 1 milliard de francs dans les projets Peugeot ECO2000 et Renault Vista, un programme de voiture économique dont la consommation de carburant ne doit pas dépasser les 3 litres aux 100 km. L'objectif est d'obtenir un véhicule opérationnel pour l'horizon 1990. Dès 1982, un prototype Vesta roule, mais il ne parvient pas à atteindre les objectifs fixés. Néanmoins il permet à Renault de collecter des informations précieuses pour la suite du programme.

En 1987, Renault dévoile le prototype Vesta II, encore plus performant. D'autres constructeurs sont parvenus à produire des véhicules très économiques : aux Etats-Unis, General Motors avec le TPC, un véhicule deux places à la carrosserie toute en aluminium, tandis que Ford a produit un prototype fonctionnant au diesel qui proposait des performances un peu meilleures. En Europe, Volvo a produit la LCP 2000 à 4 places. Faite de matériaux légers et d'une sécurité renforcée elle possède un moteur diesel évolué qui offre des performances très proches de la Vesta II.

Mais la plus efficace de toutes sera la Renault, avec son moteur à essence 3 cylindres, ses matériaux légers et son aérodynamique optimisée. Ce véhicule quatre places ne pèse que 475 kg (à titre de comparaison, la plus légère des Clio en fait 900). Il effectuera en juin 1987, sous contrôle d'huissier, la distance Paris-Bordeaux (soit 501,4 km) à la vitesse moyenne de 101 km/h, consommant 9 litres d'essence, ce qui nous fait une moyenne de 1,94 litres aux 100 km. Ce sera le record mondial de consommation sur route. Son moteur est un 3 cylindres de 27 ch. et son Cx s'élève seulement à 0.186!

Mais depuis plus rien... Renault n'a certes jamais eu l'intention de produire ce véhicule à grande échelle, mais la Régie n'est pas la seule en cause. D'aucuns diront que les taxes perçues par l'Etat sur les carburants sont trop indispensables... Et que dire de Volkswagen, dont les ingénieurs participèrent en novembre 1987 à un atelier où ils purent découvrir toutes les caractéristiques techniques de la Vesta II ? Qu'est-ce qui a bien pu empêcher le leader allemand de la voiture grand public de développer son propre véhicule économique, sinon le risque de mettre à mal un secteur automobile allemand hautement dépendant sur les carburants fossiles traditionnels ?

Le Vesta II refera parler de lui longtemps après lorsque des militants de l'organisation Greenpeace "emprunteront" le prototype à son musée en 1993 et l'enfermeront dans une cage pour l'exhiber comme un monstre de foire, et ce dans le but d'humilier publiquement la Régie au Mondial de l'Automobile de Francfort pour son manque d'engagement en la matière. L'engagement insuffisant de Renault en matière de recherche environnementale est jugée très insuffisante, malgré des avancées indéniables dont la Vesta II est l'exemple criant. Cette protestation débouchera d'ailleurs pour Greenpeace sur la mise au point du prototype SmILE, sur base de Twingo.

Record mondial battu !

La Vesta II mise en
cage par Greenpeace