EVA Metro : la R12 électrique oubliée Ecologiques

L'EVA Metro était une Renault 12 convertie en véhicule électrique en 1974 par Electric Vehicle Associates à Cleveland, dans l'Ohio. Elle fut testée dans le cadre d'un projet du Department of Energy (secrétariat d'état à l'énergie) visant à dresser le bilan des avancées en la matière. Les véhicules fournis à EVA par Renault étaient appelés des "planeurs" ; en d'autres termes, ils quittaient les chaines d'assemblage de la Régie sous la forme de coquilles vides, dépourvues de moteurs à essence, d'échappement et de tous autres composants liés habituellement à la technologie des moteurs à explosion.

L'EVA Metro tirait sa puissance de 16 batteries Exide plomb-acide de 6 volts (celles qui sont utilisées pour les chariots de golf), toutes de Type EV 106 et actionnées au travers d'un système de contrôle Cableform Pulsomatic de type SCR (rectificateur contrôlé par silicone) activé par une pédale permettant de varier le voltage du moteur Baldor 96 volts développant 10cv (10 kilowatts) à 3800 tours/minute. Les batteries d'allumage étaient localisées dans la malle arrière, derrière la banquette arrière, branchées en parallèle à une batterie très étroite située entre la calandre et le "bloc moteur". Six batteries tractives étaient montées sous le capot, par dessus le moteur, les dix autres étant placées dans le coffre sur des bâtis en acier. Aucune système de récupération de l'énergie électrique (notamment au freinage) et de stockage n'était prévu.

La transmission automatique s'articulait autour d'une boite trois rapports. La vraie originalité était la possibilité de charger les batteries au choix via des circuits 110 ou 220 volts. Le système de freinage hydraulique assisté utilisait une pompe à vide indépendante tirant sa puissance d'un système de deux batteries auxiliaires. Les freins avant étaient à disques, et les freins arrière à tambours. Ironiquement, un réservoir d'essence était monté sur le côté du compartiment moteur pour alimenter le chauffage. Il servait à alimenter le système de chauffage situé dans le coffre. Le liquide était pompé jusqu'au chauffage situé derrière la planche de bord.

On raconte que la Metro aurait atteint la vitesse de 93,2 km/h dans cette configuration originale. L'autonomie était de 93 km à une vitesse de 40 km/h, 55 km à 56 km/h, 59 km à 72 km/h, et 53 km à la vitesse maximale de 88 km/h. La Metro accélérait de 0 à 478 km/h en moins de 15 secondes, et de 0 à 72 km/h en 27 secondes.

Les performances de la Metro furent testées et évaluées par l'Army Mobility Equipment Research and Development Command à Fort Belvoir, en Virginie. Pour ce faire, tout l'équipement spécifique fut retiré du véhicule et installé sur un banc d'essais à dynamomètre électrique programmable, puis évalué à l'aide d'un système d'acquisition de données HP3052A. Les composants du système furent évaluées en termes de viabilité commerciale, de facilité d'entretien et d'économie d'énergie, afin de servir de référence au développement ultérieur de cet équipement ou de systèmes de propulsion similaires.

L'heure de gloire de la Metro fut une apparition lors de la parade inaugurale du président Carter en 1977, mais il y eut aussi, parmi les sept exemplaires vendus à la province du Manitoba, au Canada, un exemplaire qui devint le véhicule personnel d'Ed Schreyer, alors premier ministre de la province du Manitoba (il devint plus tard Gouverneur Général du Canada).

A cause de problèmes de recharge et de maintenance des batteries, la plupart des exemplaires vendus au Manitoba tombèrent en disgrâce et furent vendus aux enchères vers 1980. L'un d'entre eux au moins a été préservé et a depuis roulé à plusieurs reprises, mais il est difficile pour les Américains de se procurer des pièces, surtout en ce qui concerne le circuit de freinage. La plupart des possesseurs d'une Metro ont procédé à des modifications propres qui rendaient chaque véhicule unique : remplacement du chauffage à essence par un chauffage électrique tirant sa puissance des batteries tractives, chargeur plus performant, remplacement du moteur vétuste, de la transmission automatique par une transmission manuelle, etc. Un possesseur de Metro affirme avoir atteint une vitesse de 106 km/h grâce aux transformations multiples appliquées à son véhicule.