SmILE : la Twingo façon Greenpeace... Ecologiques

Greenpeace s'est fixé pour objectif la suppression progressive des carburants fossiles, tant comme sources d'énergie que pour les transports. La circulation routière consomme 60% de la production pétrolière mondiale, et il faut résoudre ce problème si l'on veut mettre un terme aux bouleversements climatiques. Actuellement, une nouvelle voiture est produite chaque seconde dans le monde, chacune rejetant 4 fois son poids en CO2 dans l'air chaque année. La quantité de véhicules en circulation, les taux d'émission de CO2 médiocres ainsi que la multiplication des voies de circulation sont autant d'insultes à notre environnement.

Dès 1981, le gouvernement français alloue un milliard de francs à Peugeot et Renault pour développer des véhicules de faible consommation. Le prototype Vesta II est dévoilé en 1987, avec une consommation de moins de 3 litres aux 100 km. La Vesta doit être mise en production en 1990, mais il n'en est rien. Greenpeace, qui a mis depuis longtemps un point d'honneur à humilier les firmes automobiles, "emprunte" en 1993 le prototype Renault Vesta II à un musée, et humilie publiquement la Régie au Mondial de l'Automobile de Francfort pour son manque d'engagement en la matière.

Puis, en 1996, Greenpeace, avec l'aide du bureau d'études suisse Esoro, prend une voiture courante, la Renault Twingo, et parvient à réduire de moitié sa consommation de carburant : c'est la SmILE (pour "SMall, Intelligent, Light and Efficient", autrement dit : petite, intelligente, légère et efficiente). Il s'agit là de la voiture que l'industrie automobile prétend ne pas pouvoir produire depuis deux décennies ! Or le concept SmILE aurait pu être dérivé de n'importe quelle voiture du marché. Voilà qui prouve que les fabricants automobiles ne cherchent pas vraiment à réduire les émissions toxiques. Le moteur ne développe que 360 cc, et cependant sa performance routière est égale, voire supérieure, à celle de la Twingo 1.2 l. Des experts indépendants ont pu vérifier que ce moteur est tout aussi robuste que les moteurs normaux, plus grands et plus lourds. Et néanmoins il ne réduit que la quantité de carburant consommée, pas la puissance du véhicule. La moyenne opérationnelle du régime moteur est calculée et adaptée au point le plus élevé d'efficience thermique ; un turbo répond si nécessaire à tous les besoins de puissance supplémentaire.

Outre son moteur turbo puissant et peu gourmand, la Renault Twingo de Greenpeace possède aussi une meilleure aérodynamique. Ni concept-car expérimental, ni prototype en phase de développement, elle représente au contraire une technologie "prête à l'emploi", qui pourrait être incorporée à tout moment dans les modèles du marché. Greenpeace a exposé la SmILE à plusieurs salons automobiles en 1996 et 1997, ce qui n'a rien pour réjouir l'industrie automobile, laquelle feint de l'ignorer parce que cela l'arrange. Le quotidien britannique "The Independent" commentait la situation en ces termes : "Pourquoi le monde de l'industrie automobile ne veut-il pas produire une telle voiture ?" Dix ans après, la question reste posée.